La discrétion : d'une case à une force dans la photographie

 

La discrétion ce mot trop souvent écrit sur les bilans trimestriels

 

Quand on est enfant, les mots que l'on pose sur nous pour nous décrire deviennent très vite des mots qui nous définissent. La maitresse dit qu'il est bavard, colérique et qu'il n'écoute rien en classe. La nounou dit qu'il n'obéit pas à ses ordres et qu'il en fait qu'a sa tête. Et nous, en tant qu'enfant, on s'identifie par ces mots qui s'intègre très vite. Ils s’ancrent en nous, parfois comme des vérités absolues, souvent comme des jugements que l’on finit par accepter sans questionner. Dans mon cas, une phrase revenait sans cesse sur mes bulletins scolaires en primaire et surtout au collège : "Élève trop discrète", "on ne l’entend pas", "devrait intervenir davantage en classe". "Mélanie, ne participe pas assez, elle devrait s'affirmer".

 

J’ai longtemps vécu cette discrétion comme une part de moi anormale. Il faut considéré que la société aime mettre les gens dans des cases et leur coller des  étiquettes. J'ai porté pendant de nombreuses années, cette case sur mes épaules en essayant d'être moi aussi "une extravertie". Faire partie de ceux que l'on valorisent parce qu'il se font remarquer, ceux qui parlent fort, qui osent, qui s'imposent. La discrétion est souvent perçue comme une faiblesse. Et pourtant, aujourd’hui, je suis toujours très discrète. Je ne porte plus cette case mais je l'ai intégrée à moi. Devenue un atout, la discrétion fait partie intégralement de mes reportages photos. Elle laisse vivre l'instant présent, elle observe les interactions et les émotions pour en faire de précieux souvenirs figés.

 

Faire comprendre qu'une faiblesse peut se transformer en force

 

Lorsque l'on analyse notre monde, la parole est destinée au premier qui s'imposera et qui se fera remarquer. Une course aux likes et à celui qui fera la vidéo la plus impressionnante et peut être la plus inutile. Les algorithmes mettent en avant ceux qui tournent des vidéos tout les jours pour se mettre en avant, pour faire rire, ceux qui trouvent la clé pour faire le buzz, ceux qui s'expriment haut et fort et qui disent ce qu'il pensent, ceux qui donnent leurs avis sans qu'on leur ai demandé. Tu filme un événement complétement surréaliste, tu publie, tu buzz. Mais que faisons nous des gens qui observent en silence, qui n'aime pas se montrer sur les réseaux sociaux, qui ne souhaitent pas détailler chaque minute de leur vie?  

 

J’ai compris avec le temps que la discrétion n’est pas un défaut. C’est une force. Elle me permet de voir ce que d’autres ne voient pas. Une larme qui coule, un échange furtif entre 2 personnes. un élément qui ne reste qu'une demi seconde et qui disparait.

 

Lors de reportages familles, je donne des directions, mais je laisse place à l'instant. Au moment présent qui vient à moi petit à petit avec patience et bienveillance. C'est ce qui me permet d'obtenir des images sincères, des émotions vraies. Rien n'est forcé, tout apparait dans l'instant. 

 

Dégainer l'arme secrète du photographe, la discrétion.

 

Aujourd'hui, si je devais regarder ce que sont devenus ces "camarades de classe", aucun d'eux ne fait un métier où il faut se faire oublier. C'est même plutôt l'inverse. Si j’avais réussi à devenir cette personne extravertie que je voulais être, je n’aurais peut-être jamais eu cette capacité d'être photographe. Car oui, pour être photographe, il faut savoir :

 

  • Photographier la spontanéité. Plus présente que jamais chez les enfants, elle nous surprends parfois aussi chez les adultes qui ont parfois besoin d'un peu d'aide pour se lâcher. Les enfants curieux et d'une énergie débordante ne sont pas conscient des difficultés de notre monde. Ils ont ce don pour amener un peu de magie dans nos vies et de nous faire rire. Un regard innocent etun sourire malicieux finissent pas des photos mémorables dans vos reportages.
  • Capturer l'imprévisible. Lorsque mes clients me contactent pour leur séance photo, la première parole qui revient le plus souvent c'est : "je n'ai jamais posé devant une photographe, je ne suis pas à l'aise et mon mari fuit les photos". Ce qu'ils ne savent pas, c'est que tout d'abord, il n'y a pas besoin de poser, juste de vivre l'instant. Et c'est dans ce mot que toute la magie réside. "Vivre l'instant" et me donner la chance de capturer ces regards, ces gestes furtifs, ce moment qui passe et qui ne reviendra pas.
  • Ne pas s'imposer. Lors d'un reportage mariage, il y'a toujours des moments plus émotifs que d'autres. Certains mariages sont la finalité d'une épreuve traversée par la maladie, d'autres sont attendu depuis de longues années. Vous savez cette émotion qui vous traverse partagée entre la joie et les larmes. Être discret, permet de capturer ces moments si importants sans jamais s'imposer, sans jamais interrompre le moment. 
  • Photographier une soirée. Pour photographier une soirée, il faut savoir la vivre également. partager un pas de danse avec les mariés et leurs amis pour obtenir des photographies intenses. Plonger ceux qui  regarderont cette photo dans la folie de la soirée. C'est sur le dancefloor que l'ambiance devient la plus festive et où tous les invités vibres avec la musique.

La discrétion n'est pas à mettre dans une case

 

Cette réflexion, est apparue suite à la vidéo d'une influenceuse que je suis sur les réseaux sociaux. Si je le partage avec vous, c'est parce que je sais que nous sommes nombreux à avoir été mis dans une case qui n'est pas considéré correcte par la société et ses attentes. Une case qui pendant longtemps nous à défini et qui malgré elle à fait parti intégralement de notre construction d'adulte. Mais ce trait de caractère devient la formule magique qui donne accès à une qualité unique lorsque l'on apprends à s'en servir et à en faire un atout. Cet atout me permets de créer votre histoire à travers mes reportages avec toute ma sensibilité. Mes clients viennent réalisé leur reportage pour cette discrétion et découvrent le résultat avec beaucoup d'émotion. On me demande même parfois où étais je pour avoir réussi à capturer autant de moments. 

 

 

Se remercier d'être qui l'on est

 

Si je devais revivre aujourd'hui cette période de ma vie, j'aimerais que l'on me dise que ce ne sont pas des bulletins scolaires qui définiront la vie que tu vivras. Et cette parole est valable pour un grand nombre d'entre nous. C'est tout le courage que tu auras pour faire de tes faiblesse une force qui feront de toi un être accompli. D'une photographe à un cuisinier étoilé, à un comédien, à une vie qui doit être de nouveau apprise. Ça viendra mais pas aujourd'hui. ✨

PHOTOGRAPHE MONTBARD / SEMUR-EN-AUXOIS / DIJON / AUXERRECHALON-SUR-SAONE / AVALLON/ GENEVE


Mélanie Bathrez Photographe

Photographe Indépendante

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